Le conseil

conseil en maternelle– Maîtresse, il m’a pris ma gomme !

– Maîtresse il a traité ma mère !

– Maîtresse, je pourrais apporter mon hamster dans la classe ?

– Maîtresse il a rigolé quand je suis tombée dans la cour.

– Maîtresse, …

Ca vous parle ? Comment traitez-vous ces problèmes, ces propositions ?

Quitter le pulsionnel, le corps à corps, passer par les mots qui disent la séparation. Dire où je suis, entendre ce que les autres ont à dire, confronter les points de vue, accepter de ne pas avoir raison sans abandonner, refuser la soumission si l’on a raison.

Le conseil de coopérative avec la maîtresse garante de la sécurité de chacun et de tous, et le groupe comme médiation, est là pour cet apprentissage.

Le conseil est là pour organiser, réguler et gérer les conflits. Ces techniques sont éducatives parce qu’elles entraînent à la gestion de situations humaines donc complexes.

Définition du conseil

Fernand Oury et Aida Vasquez utilisent une métaphore organique pour définir le conseil. Cf Vers la Pédagogie Institutionnelle p.87 et suivantes

  • Le conseil, œil du groupe : tous dans la classe, peuvent voir et savoir. Ces informations, mises en commun, permettent souvent de voir … ce qui se passe.
  • Le conseil, cerveau du groupe : instrument d’analyse et de critique de ce qui se passe, d’élaboration collective de la loi et des règles de vie. Instrument de décision, il est aussi une mémoire collective (cf le cahier de décisions).
  • Le conseil, rein du groupe : une réunion d’épuration de ce qui encombre, obstrue ou annule le vie collective et le production. Le conseil draine les énergies bloquées dans les tensions, les conflits, les inhibitions, les récupère, les réoriente.
  • Le conseil, cœur du groupe : lieu de recours où l’on parle au nom de la loi et qui permettra la cicatrisation des blessures ou frustrations subies au cours de la semaine. Lieu de reconnaissance des progrès, des efforts, des réussites. Re-dynamisation, redémarrage, remise en circuit …

Exemple, dans une classe de CE1-CE2

– (Moi, en tant que présidente) Le conseil commence. Silence. On note la classe. Qui pense que la classe va bien ? 18. Qui pense que la classe va mal ? 2. Serge, tu as la parole?

– (Serge) Parce qu’il y a eu trop de bruit pendant l’atelier.

– (Caroline) Parce que les gars se battent au foot pendant la récréation.

Nous sommes le 24 mars dans une classe de CE1-CE2. La classe est réunie, sur les bancs, pour une demi-heure. Les lois ‘j’écoute qui parle’, ‘je demande la parole’, ‘je ne me moque pas’, ‘je ne répète pas ailleurs ce que j’entends ici’, ces lois élaborées au fur et à mesure des conflits et des difficultés permettent le conseil, protégent chacun. La vie dans la classe est vécue par tous , mais aussi par chacun et pas obligatoirement de la même façon. Ce qui n’est pas apparu au grand jour (tensions par exemple, conflits, blocages) va pouvoir être repris, parlé.

Je préside, Madeline assure le secrétariat. Elle est orange en comportement, bleu en écrivain et en écriture.

Je relis les décisions du dernier conseil qui a eu lieu le mardi précédent.

  • Madeline change de place le tableau des couleurs. C’est fait.
  • Serge et Jonathan s’organisent pour leur métier du tableau. Parole à Serge : « c’est fait. Jonathan nettoie les deux petits tableaux, je nettoie le grand. »
  • On ouvre la boîte à questions le jeudi à 13h45. ça a été inscrit sur l’emploi du temps et ça a été fait jeudi.
  • Les leçons sont écrites le matin sur le petit tableau à carreaux et effacées le midi. Ça a été fait.
  • La feuille des groupes A et B sera mise près du tableau de secrétariat de la présentation de lecture. C’est fait.
  • Les changements de métiers : Claire a le métier poubelle, Caroline le métier table d’exposition, Constantin les cartables, Jennifer le tableau des présidences de quoi de neuf, Alice le tableau cuisine, Laurène facteur, Pamela les rideaux.
  • Les amendes : Paul paie 2 points (on n’écrit pas sur les tables). C’est payé. Gustave paie 2 points (on ne se pend pas au tourniquet). C’est payé.

– (Moi) Qui s’inscrit en urgence ? Alice.

– (Moi) Qui s’inscrit en critique ? Raphaël, Serge, Claire, Carine, Emeline, Mariam, Pamela, Jason, Roland, Jennifer.

– (Moi) Qui s’inscrit en métier ? Karla, Marie-Charlotte, Curtis, Caroline.

– (Moi) Qui s’inscrit en proposition-information-question ? Alice, Jennifer, Pamela, Carine, Serge, Claire, Laurène.

– (moi) Qui s’inscrit en félicitation-remerciement ? Pamela, Emeline, Serge, Gustave, Laurène, Wesley, Madeline.

Les urgences

– (Moi) Alice a la parole.

– (Alice) Je ne veux plus de Curtis dans mon équipe. On en a parlé à la réunion de chefs d’équipe. Curtis gêne, il ne veut pas que je l’aide mais après, il me dérange parce qu’il n’a pas son crayon ou alors il ne sait pas sur quel cahier écrire. Laurène veut bien le prendre dans son équipe.

– ( Moi) Laurène, tu es toujours d’accord ?

– (Laurène) Oui. Madeline pourrait aller dans l’équipe d’Alice, si elle est d’accord.

– (Moi) Madeline, qu’en penses-tu ?

– (Madeline) Je veux bien.

– (Moi) Curtis, on ne te donne pas le choix. Alice t’a déjà critiqué et prévenu. La secrétaire, tu notes : Curtis dans l’équipe de Laura, Madeline dans l’équipe d’Alice. On passe.

Curtis est un enfant du voyage. Blanc en lecture, rose en écriture, jaune en math et doré depuis peu en comportement. Il vient d’épuiser un premier chef d’équipe, Alice. Elle en a parlé à la réunion de chefs d’équipe. Les autres chefs d’équipe et moi avons essayé de trouver des solutions : le chef d’équipe aide Curtis à ranger son casier le soir au moment des cartables, il a une provision de feuille de dessin pour occuper Curtis si celui-ci ne veut rien faire, etc. Laurène sait ce qu’il l’attend. Elle sait aussi que je suis là et que je peux prendre Curtis à tout moment dans mon équipe. Laurène est vert en comportement. Je sais, comme les autres chefs d’équipe, qu’elle envisage de demander la ceinture bleue. En acceptant Curtis dans son équipe, elle teste son éventuelle future ceinture bleue.

On passe aux critiques.

– (Moi) Raphaël a la parole.

– (Raphael) Je critique Roland parce qu’il prend toujours ma règle sans me demander.

– (Roland) C’est vrai.

– (Moi) Raphaël, tu proposes ?

– (Raphael) Il pourrait acheter une règle au marché de la classe.

Roland est d’accord. La secrétaire écrit sur le cahier de conseil : Roland achète une règle au prochain marché. On passe.

– (Moi) Serge a la parole.

– (Serge) Je critique Curtis parce qu’il s’asseoit sur les cartables quand il va chercher son manteau. (les cartables sont rangés pour la journée sous les porte-manteaux)

– (Curtis) C’est vrai.

– (Moi) Serge, tu proposes ?

– (Serge) On ne s’asseoit pas sur les cartables.

– (Moi) Qui est d’accord avec la proposition de Serge: on ne s’asseoit pas sur les cartables. Unanimité. La secrétaire, tu notes la règle. Claire a la parole.

– (Claire) Gustave se moque de moi quand je fais mon métier poubelle. Il me dit : eh poubelle !

– (Gustave) C’est pour rire.

– (Madeline) C’est pas drôle. Prends le métier poubelle et on va t’appeler poubelle pour rire, tu verras.

– (Gustave) Moi, je m’en ficherais.

– (Claire) Moi je ne m’en fiche pas. Je ne suis pas une poubelle. Je trouve que tu te moques. T’es jaune en comportement. Tu paies 5 points. On a la règle. »

Brève discussion. Tout le monde semble d’accord avec Claire. La secrétaire note : Gustave paie 5 points. On ne se moque pas.

– (moi) Carine a la parole.

– (Carine) Je critique Pamela parce qu’elle m’a mis une claque.

– (Pamela) Oui, mais elle m’a mis une claque aussi.

– (Jennifer) Pourquoi ?

– (Carine) Parce qu’elle m’avait dit : t’es chiante.

– (Pamela) oui mais t’es chiante quand tu tournes autour de nous pendant la récré alors qu’on joue à l’élastique.

– (Carine) oui mais vous voulez pas que je joue.

– (Laurène) C’est encore vos histoires de bébé. C’est un tas de sable. Je propose que Carine et Pamela paient 2 points parce qu’on ne tape pas et puis on passe.

– (Moi) Qui est d’accord avec la proposition de Laurène ?

Quasi unanimité (sauf les 2 filles). La secrétaire note sur le cahier. On passe.

Emeline, Madeline, Mariam, Pamela, Jason, Roland, Jennifer prendront ensuite la parole pour d’autres critiques.

Au début de l’année, les critiques sont souvent nombreuses et envahissantes. Même si c’est parfois difficile à supporter, leur laisser une place importante : au démarrage, c’est souvent la seule façon d’intervenir au Conseil et l’occasion d’élaborer lois et règles de vie. Essayer de contre balancer ces critiques en traitant au moins un point d’organisation : les métiers en donnent souvent l’occasion.

On passe à la rubrique métier.

– (Moi) Karla a la parole.

– (Karla) Je voudrais un deuxième métier, les plantes.

– (Carine) J’ai le métier et je veux le garder.

– (Moi) Karla, on peut passer ?

– (Carine) Non, je voudrais un deuxième métier.

– (Samantha) Je veux bien te donner le calendrier.

– (Carine) Non.

– (Caroline) Je veux bien te donner le tableau du choix de textes.

– (carine) Non, je veux les plantes.

– (Moi) Ce n’est pas possible maintenant mais on a bien entendu que tu voulais le métier des plantes. On passe.

– (Marie-Charlotte) a la parole.

– (Marie-Charlotte) Je propose le métier des ballons pour la récréation. On va chercher des ballons pour la récréation. A la fin de la récréation, on les range. Je veux bien m’en occuper.

– (Moi) Combien de ballons ?

– (MC) 5, 6 ou plus.

– (Serge) Tu pourras pas tout porter.

– (Jennifer) T’as qu’à en prendre que 2.

– (Madeline) Je propose qu’il y en ait un pour les filles et un pour les garçons.

– (Paul) Oui mais si les filles veulent pas jouer au foot, les deux ballons sont pour les garçons.

– (Alice) On peut jouer à autre chose qu’au foot.

– (Laurène) Il ne faut pas qu’elle arrive en retard en classe à cause de son métier.

– (Caroline) Ceux qui jouent au ballon apportent le ballon à Marie-Charlotte à la fin de la récréation.

– (Serge) Oui mais faudrait un responsable du ballon dans chaque équipe de foot.

– (Alice) On n’est pas obligé de jouer au foot.

– (Moi) Marie-Charlotte, comment tu verrais ton métier ?

– (MC) Je prends un ballon pour les filles, un ballon pour les gars. Ceux qui ont le ballon dans les mains quand ça sonne me donnent le ballon.

– (Pamela) Et les filles qui veulent jouer avec les gars ?

– (Carine) et ben tu vas jouer avec les gars.

Après discussion et vote, la proposition de Marie-Charlotte est adoptée. Si elle a un problème avec son métier, elle en reparle au prochain conseil.

– (Moi) Curtis a la parole.

– (Curtis) Je veux un métier.

– (Moi) Est-ce que tu sais le métier que tu veux ?

– (Curtis) Non.

– (Moi) Qui a une idée de métier facile pour Curtis ?

– (Wesley) Je veux bien lui donner les cartables.

– (Moi) Impossible. Il faut se déplacer dans la classe. Curtis est doré en comportement.

– (Wilfrid) Il pourrait s’occuper de la lumière en entrant et en sortant de la classe.

– (Moi) Curtis, est-ce que tu voudrais faire le métier de la lumière ?

– (Curtis) Oui.

La secrétaire note : Curtis a le métier de la lumière à l’essai.

– (Moi) Caroline a la parole.

– (Caroline) Je critique Carine qui a le métier des plantes car elle met de l’eau partout.

– (Carine) Oui mais c’est pas facile d’arroser les plantes avec une grosse bouteille, surtout les petits pots.

– (Moi) Qui a une proposition ?

– (Paul) Y’a qu’à prendre un arrosoir.

– (Jennifer) Avec une petite bouteille, ça ferait moins de dégâts. Je peux en apporter une.

– (Carine) Je vais essayer avec une petite bouteille.

La secrétaire note que jennifer apporte une petite bouteille pour la responsable du métier plantes.

On passe à la rubrique proposition-information-question.

– (Moi) Alice a la parole.

– (Alice) Je propose que Samantha note sur le calendrier les samedis sans classe.

– (Samantha) Je veux bien mais je ne les connais pas.

– (Moi) Je te les donnerai. N’oublie pas de me les demander à une récréation. Jennifer a la parole.

– (Jennider) Je propose qu’on fasse comme les correspondants : un carnet avec nos autoportraits.

– (John) Moi, je trouve que ce serait bien.

– (Moi) Qui est d’accord avec la proposition de Jennifer ?

Unanimité. Qui sera responsable de ce carnet ?

– (Ronald) moi, je veux bien.

– (Laurène) Je suis contre. Il a plein de bazar dans son bureau. Il va perdre le carnet ou l’abîmer.

– (Pamela) J’ai un carnet chez moi. Je veux bien le donner. Je le ferai passer et chacun se dessinera.

– (Moi) Vous vous dessinerez plutôt sur des feuilles que l’on collera dans le carnet. Si vous ratez votre dessin, vous pourrez le refaire sur une autre feuille. Pamela veut donner un carnet pour la classe et être responsable des autoportraits pour les correspondants. Y a-t-il un avis contraire ? Non. La secrétaire, tu notes. Quand ferez-vous les autoportraits ?

– (Alice) Opourrait les faire pendant les ateliers.

– (Moi) Avis contraire ? La secrétaire note. On passe.

Pamela, Carine, Serge, Claire, Laurène prendront la parole pour d’autres propositions qui seront à chaque fois discutées.

On passe aux félicitations-remerciements.

– (Moi) Pamela a la parole

– (Pamela) Je remercie Emeline qui m’a prêté son crayon doré.

– (Moi) Entendu ?

– (Emeline) Oui.

– (Moi) On passe. Emeline a la parole.

– (Emeline) Je remercie Pamela parce qu’elle m’a prêté sa gomme.

– Entendu ?

– Oui.

– On passe. serge a la parole.

– (Serge) Je félicite Johny parce qu’il connaît maintenant la table de x 3.

– Entendu ?

– Oui.

– On passe. Gustave a la parole.

– (Gustave) Je félicite Samantha parce qu’elle met le tête sous l’eau à la piscine.

– Entendu

– Oui.

– On passe. Laurène a la parole.

– (Laurène) Je remercie Madeline parce que quand j’étais absente, elle s’est occupée de l’équipe.

– Entendu ?

– Oui.

– On passe.

Etc.

En fin de conseil, la secrétaire relit les décisions.

Quelques précisions

    • l’adulte, le maître, la maîtresse reste le responsable de la classe, i.e. responsable des progrès scolaires et de la sécurité physique et psychologique de tous. Il est aussi le représentant des valeurs de la société. C’est pourquoi, il garde un droit de véto et le fait savoir.
    • Le conseil n’est pas la solution miracle. Au départ, il n’existe que dans la tête de l’adulte. Il s’agit de le mettre en place et de le faire vivre. Refuser de régler les problèmes hors du Conseil ou de répondre aux demandes adressées au maître (tu en parleras au conseil) peut être une stratégie pour lui donner une existence.
    • Quand une règle est transgressée, il faut qu’il se passe quelque chose. Dans la classe j’utilise la monnaie intérieure (le point). Je sais que certains collègues sont rétissants. Chacun fait comme il le sent. Mais la question reste: que se passe-t-il quand une règle est transgressée ? S’il ne se passe rien, attendez-vous à ce que les règles ne soient pas respectées…

Attention !! Si vous mettez en place le conseil seulement pour gérer les problèmes, les conflits, même si c’est un premier pas, vous risquez de tourner en rond et cela va vite vous ennuyer et ennuyer les élèves… Le conseil est aussi un lieu d’organisation de la vie de la classe, des projets.

Si cet article vous a plu, si vous pensez qu’il peut être utile à d’autres collègues, n’hésitez pas à le partager ! Merci !

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16 commentaires sur “Le conseil

  1. Bonjour,
    je trouve votre article très intéressant. Je me suis lancée cette année dans les conseils de classe, mais sans avoir eu le temps de lire des ouvrages sur le sujet, à part des blogs, mais je n’étais pas tombée sur le vôtre d’abord… (:-(
    Je suis en élémentaire, et pour l’instant nos conseils ne sont que bavardages, ainsi que vous l’avez dit. Je suis à la recherche de plus de profondeur, pour aller au fond des choses, dans les conflits bien sûr, mais aussi pour l’autonomie des élèves et des enfants acteurs de leur vie d’écolier.
    Je suis en pleine remise en question professionnelle pour adhérer au mieux aux besoins de mes élèves.
    Je m’interroge sur la gestion de CE1/CE2: quels sont ces points dont vous parlez? et les couleurs correspondent à quoi? Pour les métiers, les élèves les gardent toute l’année? ET quel est ce “marché de la classe”?
    Merci beaucoup si vous avez le temps de répondre à mes questions…
    Cordialement,
    Isabelle

    1. Les points ? 🙂 Je n‘ai pas encore fait d‘article sur les points. En bref, dans la classe, il y a une monnaie intérieure 🙂 Chez moi, elle s’appelle les points. Les enfants en gagnent en travaillant. Ils les utilisent pour payer leurs amendes ou pour acheter au marché. Vous imaginez le tabou, les critiques … qu’il peut y avoir par certains, certaines … Mais quelle distance on met dans les conflits, les problèmes, les non-respects aux règles, … avec la monnaie : pas de colère, moins de stress, pas de punition 🙂 Promis, je fais un article sous peu 🙂

      Pour les couleurs, vous pouvez lire l’article sur le blog, les couleurs ou le chemin de la réussite.

      Au sujet des métiers, non les élèves ne gardent pas leur métier toute l’année (sauf exception) mais suffisamment de temps (minimum un mois) pour le(s) faire correctement.

      Au plaisir de vous lire 🙂
      Isabelle Robin

  2. Bonjour,

    Expliquer le conseil à travers une transcription de ce qu’on y dit et de ce qu’on y fait est très parlant.

    Je suis impatient d’en savoir plus sur les points : que voulez-vous dire par “Les enfants en gagnent en travaillant.” ? Comment inclure autant les élèves qui produisent beaucoup et ceux qui produisent moins ?

    J’aimerais savoir aussi comment vous faites vivre le marché (quelle est sa périodicité, quels types d’articles y sont vendus, d’où proviennent ces articles ?), comment vous créez les amendes, comment vous déterminez le montant des amendes.

    J’espère que c’est possible d’écrire un article sur le sujet aussi concret que celui ci-dessus. J’envisage de mettre en place un tel système pour ma classe cette année.

    Merci pour votre travail de partage et au plaisir de vous lire !

    Xavier

    1. Bonjour,

      Oui, les monographies qui racontent la classe sont très parlantes. C’est le langage qu’avait choisi Fernand Oury pour expliquer les techniques Freinet et la pédagogie institutionnelle.
      La monnaie, sujet tabou 🙂 Mais oui, je vais faire un article car de nombreux collègues m’ont écrit à ce sujet 🙂
      Tout est lié: monnaie, marché, amendes, paie, niveau de compétences, productions de la classe. Vite fait au risque d’être caricaturale 🙂 : les enfants sont payés pour leur travail. (Quel scandale ! Les travailleurs- enseignants, boulangers, ministres, … ne sont pas payés ? 🙂 ) Comme ils travaillent en fonction de leur niveau, le petit en écriture qui ne peut écrire qu’une phrase sera payé comme le grand en écriture qui est capable de copier sans erreur un texte mis au point. Ils dépensent au marché – chaque semaine-. Les objets viennent de récupération, de vide grenier, d’anciens parents d’élèves qui font un peu de ménage chez eux…
      La monnaie sert à payer les éventuelles amendes (amendes en fonction du niveau de comportement).
      La semaine dernière, un ancien élève, maintenant au lycée, est venu me voir. Ma question rituelle: de quoi te souviens-tu ? Sa première réponse, comme pour 95% des anciens élèves, est la monnaie. Il m’a confié qu’il gardait précieusement le nounours qu’il avait acheté au marché.
      Promis, bientôt un article 🙂

  3. Quelques commentaires :

    – Freinet n’est même pas cité dans cet article, alors qu’il s’agit d’une pratique issue de sa pédagogie ! Oury n’a fait que reprendre (et pervertir à mon avis) les pratiques de Freinet, il serait peut-être juste de rendre à César ce qui appartient à César… 😉

    – Bien que tu précises à la fin que la réunion coopérative ne doit pas se cantonner aux problèmes de discipline, c’est pourtant ce qui ressort dans quasiment tous les exemples que tu cites.
    Et même dans la définition : “Le conseil est là pour organiser, réguler et gérer les conflits”. NON !!!! La réunion coopérative est un outil qui permet aux élèves de gérer tous les aspects de la vie de la classe : projets, finances, règles, etc…
    C’est justement cet aspect complet, riche et généraliste qui fait la différence entre les “conseils d’élèves” prônés par les programmes officiels en EMC, et la réunion coopérative de Freinet.

    – Dans la pratique de Freinet (et la réunion coopérative est une pratique de Freinet), c’est un élève président qui gère et dirige la réunion, pas l’enseignant.
    L’enseignant n’a pas plus de poids qu’un élève, dans un vote sa voix ne compte pas plus. La seule différence est qu’il se réserve un droit de veto en cas de proposition manifestement inadaptée, dangereuse, inacceptable…

    – Tu demandes ce qui se passe lorsqu’une règle est transgressée ? C’est très simple : il arrive des problèmes, car on ne crée pas une règle sans raison, on la crée pour éviter des problèmes.
    S’il y a transgression d’une règle, on en voit concrètement les conséquences, et donc les élèves en comprennent l’intérêt et la respectent d’autant mieux. Ils ne la respectent pas par peur de la sanction, parce qu’on risque de leur prendre des “points”, mais parce qu’ils connaissent le sens et l’utilité de cette règle, et qu’ils savent qu’en la transgressant ils risquent de provoquer les problèmes qu’elle doit éviter.
    Et si jamais il doit y avoir une sanction, alors la réunion coopérative n’est pas le lieu pour ça : ce n’est pas un tribunal, et les élèves ne sont pas des juges chargés de condamner leurs pairs. Je pense que ça fait partie des attributions de l’enseignant.

    1. Bonjour papi,

      J’ai retrouvé votre commentaire dans les spams. C’est vrai que votre adresse “poubelle34” n’a rien d’engageant 🙂

      Je ne veux pas rentrer dans les vieilles querelles stériles 🙂 Quelques précisions quand même (et stop à la caricature) :
      Dans le blog, Freinet est cité plusieurs fois. Oury ne s’est jamais caché de ses sources et d’ailleurs il a participé à des stages avec Freinet. Pour le côté historique, voir l’excellent livre de Bénévent et Mouchet :). Oury a été très heureux de pouvoir réintégrer le mouvement Freinet et la plupart des personnes qui pratiquent la PI participent et parfois animent des ateliers au congrès Freinet.

      Il y a plusieurs articles sur le conseil sur le blog (et de nombreux articles où sont précisés les liens entre les différentes institutions). Bien évidemment mettre en place un conseil pour “gérer la discipline” 🙂 cela n’a jamais marché et ne marchera jamais 🙂 et Le conseil n’est pas un tribunal:) “et les élèves ne sont pas des juges chargés de condamner leurs pairs. Je pense que ça fait partie des attributions de l’enseignant”. Moi, je suis enseignante et non juge 🙂 Je participe avec les élèves à la résolution des problèmes et oui j’ai un droit de veto 🙂

      Super vos élèves qui respectent les règles car “ils connaissent le sens et l’utilité de cette règle, et qu’ils savent qu’en la transgressant ils risquent de provoquer les problèmes qu’elle doit éviter”. Moi ils en sont loin (pour l’instant). Ok, je travaille en REP++ dans une banlieue où certains enfants sont fichés à la police dès l’âge de 4-5 ans.

      Quant à la présidence, cela s’apprend et c’est d’abord l’enseignant qui s’y colle. Je me rappelle à mes débuts comment je trouvais cela difficile : alors non, un élève n’est pas “balancé” président de suite. Les enfants apprennent peu à peu. Ils président d’abord une partie du conseil puis de plus en plus.

      1. Désolé pour l’adresse mail, c’est une adresse que j’ai créée spécialement pour donner sur internet, car si jamais elle devient polluée par du spam je pourrai toujours en changer facilement ! 😉

        En ce qui concerne Freinet, non il n’est pas cité une seule fois dans l’article. Sur l’ensemble du blog il l’est peut-être, mais pas dans cet article, et c’est bien ce que je disais dans mon 1er commentaire.
        Donc je trouve assez injuste (pour ne pas dire malhonnête !) de décrire l’une de ses pratiques pédagogiques, en la déformant (puisque passée à la moulinette de la pédagogie institutionnelle) sans même citer son inventeur ! 😉
        C’est comme si un musicien publiait sa version personnelle de la symphonie pastorale à la guitare électrique avec un groupe de rock, sans citer Beethoven qui est quand même le véritable auteur de l’oeuvre à la base ! 😉
        Ce que tu décris, c’est une version déformée et modifiée de la réunion coopérative, une version à la sauce PI, et je pense qu’il serait honnête et utile de le préciser.

        Je ne comprends pas ta logique : dans ta réponse tu viens de dire que “mettre en place un conseil pour “gérer la discipline” cela n’a jamais marché”, mais en même temps dans l’article tu as bien écrit “Le conseil est là pour organiser, réguler et gérer les conflits”.
        C’est totalement contradictoire !

        Je ne prétends pas que mes élèves respectent toujours les règles ! 😉 Ce que je voulais dire dans mon commentaire c’est qu’en cas de non-respect, on n’a pas du tout besoin d’une monnaie intérieure : l’objectif est que les élèves prennent conscience qu’enfreindre ces règles provoque des problèmes, et qu’ils les respectent pour leur utilité, et non pas par la peur de la sanction.
        C’est ça qui doit devenir le moteur principal du respect des règles, ils ont besoin de réaliser qu’elles ont une réelle utilité, et que ne pas les respecter signifie porter préjudice aux autres.
        Je ne dis pas que c’est facile, mais sur le long terme ça fonctionne, c’est efficace.

        S’il s’agit juste de sanctionner bêtement, alors on est dans la logique du code de la route, avec des règles dont on a l’impression qu’elles ne sont là que pour emm***der, des flics qui infligent des sanctions de manière mécanique et inhumaine, et au final une efficacité très relative puisque ce système ne repose que sur la répression, et pas sur la compréhension et l’éducation.
        Ok, le milieu où tu travailles explique beaucoup de choses, mais à mon avis sanctionner les infractions principalement par des amendes et par la répression pécuniaire n’arrange rien…

        La présidence ça s’apprend oui, évidemment au début on aide l’élève qui n’a jamais vu ça, mais ça n’implique pas que l’adulte squatte le fauteuil de président !
        Je n’ai jamais eu besoin de m’y coller, même lorsque j’étais remplaçant (pendant 10 ans), avec une multitude de classes non-initiées, ni même avec des maternelles (ma dernière classe c’étaient des MS-GS).
        Bref, quoi qu’il en soit, admettons que la 1ère fois tu veuilles jouer ce rôle pour montrer l’exemple, bon pourquoi pas… 😉 Dans ce cas, ça ne peut être qu’une mesure transitoire très ponctuelle (1 ou 2 fois maximum).
        Or tu ne le précises à aucun moment dans ton article, et on a l’impression que tu es présidente à vie (je ne sais pas quand tu as mis en place cette pratique, mais on est quand même mi-avril là !).
        Ce qui n’est pas du tout dans l’esprit de la réunion coopérative… 😉

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