Un peu, beaucoup, très beaucoup de marrons

compter les marronsFin octobre conseil de cycle

Au programme, évaluation, harmonisation des progressions …

On aborde le sujet de la numération. Tout le monde semble d’accord : en Petite Section, on compte jusqu’à 3, en Moyenne Section jusqu’à 5 et en Grande Section jusqu’à 10 …

Je signale que beaucoup de situations mathématiques se présentent dans la vie quotidienne des classes et que nous sommes souvent amenés à utiliser des nombres plus grands que 10 même en Petite Section.

« Peut-être, mais il est important que l’on se mette d’accord sur les acquis minimaux : 3 en Petite Section, 5 en moyenne Section – à la rigueur 6- et 10 en Grande Section. »

Je remballe mes grands nombres.

Numération avec des marrons en MS-GS

En octobre, la grande activité des enfants en récréation est le ramassage de marrons sous le marrronier de la cour. Nous en avons de grande quantité sur la table d’exposition et sous la table d’exposition dans un grand seau.

Je propose à la classe de compter les marrons et demande : “comment allons-nous faire ?”

Les propositions fusent. Ce n’est pas la première fois que je pose cette question.

– (Romain) On va chacun son tour à la table d’exposition, on prend des marrons, on les met sur notre table et on compte.

– (Sima) Tu mets les marrons au milieu des bancs et tu comptes.

– (Anna) On va chacun notre tour à la table d’exposition et on compte.

– (Yvan) On met un gros paquet dans chaque équipe et on compte.

C’est finalement cette dernière solution qui est adoptée. Les enfants ont envie de compter chacun des marrons, voire de jouer avec les marrons, mais pour l’instant leur préoccupation n’est pas de compter l’ensemble des marrons.

Chacun retourne à sa place, dans son équipe. J’apporte “un gros paquet” de marrons dans chaque équipe et avec l’ATSEM, dans un premier temps, nous regardons …

Chaque enfant s’accapare une partie des marrons. Evidemment Liane se retrouve avec trois marrons et Alexandre, dans la même équipe, n’a pas assez de ses deux bras pour protéger sa collection des copains qui en voudraient plus. L’ATSEM et moi, nous passons dans les équipes faire des tas à peu près équivalents et ils se mettent à compter …

  • Liane : 1, 2, 3 … 1, 2, 3 …1, 2, 3 … Elle compte parfois deux fois le même marron qui roule.
  • Dominique compte jusqu’à 10 et fait des paquets. J’avais déjà remarqué que, lorsqu’il joue aux mosaïques, il fait des rangées de 10. Nous ne sommes pourtant qu’au début de l’année. Il sort de Petite Section et ne devrait savoir compter que jusqu’à 3…
  • Freddy : 1,2,3,4. Y’en a beaucoup, plein.
  • Eva et Yvon comptent ensemble : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 10-10

“10-10, c’est 20”, dit Yvon en GS qui sait aussi que 20-10, c’est 30.

  • Rachel et Cynthia ont visiblement fait des paquets mais maintenant sont passées à autre chose :

– T’as vu celui-là, il est tout petit.

– Oui, mais il est brillant.

Je propose que, dans chaque équipe, l’on remette les marrons au milieu des tables. L’ATSEM et moi passons dans les équipes pour compter l’ensemble des marrons d’une équipe.

Nous annonçons les nombres : 32, 25, 36 et 39.

– (Yann) Et tous les paquets, ça fait combien.

– (Cinthia) Très beaucoup.

– (Moi) Chaque équipe apporte son tas de marrons au milieu des bancs et on va les compter.

Je compte en montrant chaque marron. Les enfants comptent en chœur avec moi et je signale 20-10 c’est 30 ; 30-10, c’est 40 etc. 90-10 c’est 100

– (Jean) wouah ! Mon frère, il sait compter jusqu’à 100.

Nous arrivons à 132 !

– (Hélène) C’est vraiment très beaucoup !

Conclusion

Qu’ont-ils appris ? La notion de quantité : beaucoup, pas beaucoup, “très beaucoup”, peu, plus, moins. Rechercher. Dénombrer.

Nous sommes en maternelle et nous comptons jusqu’à 132. C’est normalement, en CE1 que l’on aborde de tels nombres ! Avec une lecture rigide des instructions officielles, un saucissonnage des apprentissages est toujours à craindre. C’est sans compter sur la part du désir dans le vouloir apprendre. Et si, au nom du respect des programmes, on avait coupé court à ce désir de savoir “combien ça fait ?”, que se serait-il passé au moment de l’apprentissage de la numération à l’école élémentaire pour les élèves les plus fragiles ?

Cette séance qui a duré 25 minutes a aussi permis à apprendre à vivre ensemble : on passe du chacun pour soi au collectif. Au début, chaque enfant, et c’est normal, cherche à compter ses marrons en essayant d’en avoir le plus possible, quitte à en piquer à la voisine moins vive. Et ce temps se termine par un beau moment collectif de dénombrement de l’ensemble des marrons. La classe, lieu de vie où chacun peut trouver sa place dans le groupe, où chacun peut apporter en classe des marrons, des escargots, des petites voitures et autres trésors importants pour les enfants (voir l’article sur la table d’exposition).

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