Méditation en classe enfantine : Comment l’amener et la gérer ?

Cet article a été écrit par Vanessa Beauverd du blog NaturEducation.org

Bonjour ! Je m’appelle Vanessa Beauverd. J’ai créé le blog NaturEducation pour accompagner les enseignants à mieux se connaître afin d’enseigner au plus proche de leurs valeurs et des besoins de l’enfant. Allez y faire un tour après avoir lu l’article 😉 C’est ici : https://natureducation.org

Cet article est une réponse à la question de Stéphanie qui m’a écrit un e-mail à vanessa@natureducation.org. Vous pouvez également me poser vos questions par mail ou directement sur cette page : https://natureducation.org/posez-moi-vos-questions/

C’est quoi la méditation ?

La méditation dont on entend le plus parler et qui se pratique facilement avec les enfants est la méditation de pleine conscience ou Mindfullness.

Méditation de pleine conscience

Tout est dans le titre 😉 Mindfullness veut dire : prendre pleinement conscience de chaque instant, de notre corps, notre respiration, de ce qui nous entoure et de ce qui se passe à l’intérieur de nous. Et observer le flot de ses pensées comme des nuages qui passent dans le ciel.

La position pour méditer

Il faut se mettre en position du lotus, ne pas bouger et surtout garder les yeux fermés … C’est souvent ce que l’on croit à tort.

Méditer peut se pratiquer dans la position que l’on souhaite et même en mouvement. Si les enfants ont envie de se mettre en lotus, pas de soucis non plus 🙂

Leur corps se mettra dans une position adéquate au court de la méditation. Vous verrez des enfants étendre leur colonne vertébrale, baisser les épaules ou encore ouvrir leurs paumes de main. Ces signes montrent que les enfants se détendent tout en restant présents.

Vous pouvez positionner les élèves en cercle ou les laisser se mettre où ils se sentent le mieux pour méditer, en classe. Cela peut être couché par terre, assis sur une chaise, assis en tailleur, sur un coussin, adossé à un mur …

Les enfants doivent-ils fermer les yeux pour méditer ?

Les enfants peuvent fermer les yeux s’ils le souhaitent. Ce n’est pas facile de fermer les yeux en classe. Les enfants doivent se sentir vraiment en confiance pour le faire.

De plus ce n’est pas nécessaire pour méditer. Et encore moins pour les enfants. Ils arrivent facilement à se mettre en état méditatif sans fermer les yeux.

Si vous êtes dans une classe où les élèves ont peur que les autres se moquent d’eux et n’arrivent pas à se détendre, vous pouvez les faire méditer en cercle avec le regard tourné vers l’extérieur.

Vous pouvez aussi proposer aux élèves qui ne souhaitent pas fermer les yeux de fixer un point devant eux ou au plafond s’ils sont couchés.

Exemples pratiques de méditation 4-12 ans

J’ai utilisé la méditation chaque jour en classe avec des élèves de 4 à 12 ans.

Nous étions en cercle, le regard vers l’intérieur assis par terre soit en tailleur soit à genoux, les fesses posées sur nos pieds. Les élèves qui le souhaitaient pouvaient se coucher. Les yeux pouvaient être fermés ou ouverts.

J’écris “nous”, car il est important de méditer avec les enfants, même si vous guidez la méditation. Fermez les yeux (vous pouvez tricher un peu ;-)) et mettez-vous dans une position qui vous convient. Si les enfants sont par terre, mettez-vous également par terre. Cela aidera les enfants à entrer dans l’exercice s’ils vous voient aussi investi.

Méditation et visualisation

Avec les enfants, vous pouvez facilement utiliser la visualisation.

Je leur disais qu’ils pouvaient imaginer comme un fil qui tirait le sommet de leur crâne vers le ciel ou vers l’autre bout de la salle (pour ceux qui étaient couchés). Ainsi, ils redressaient leur colonne vertébrale sans s’en apercevoir.

Pour inciter à la détente, je leur parlais de rayons de soleil qui venaient chauffer et détendre chaque partie de leur corps.

Méditation et sensation

En début de la méditation, je proposais aux élèves de sentir chaque partie de leur corps qui touchait le sol, le mur ou leur chaise. De sentir les vêtements contre leur peau ou le vent et la chaleur du soleil lorsque nous faisions la méditation en extérieur.

Méditation et écoute

En extérieur, mais aussi parfois à l’intérieur, je proposais aux élèves d’écouter les bruits environnants ou le silence. D’imaginer à quelle distance étaient ces sons et de les laisser s’éloigner gentiment pour revenir à l’observation de leur respiration.

Une méditation pour apprendre les parties du corps

J’avais une classe d’élèves non francophones et en nommant chaque partie du corps, ils les ont apprises au fil des méditations.

Laisser les élèves guider la méditation

Petit à petit, ils ont souhaité guider eux-mêmes la méditation, à tel point qu’ils ont créé une liste de passage afin que chacun puisse le faire à tour de rôle.

Au début, ils répétaient ce qu’ils avaient entendu de ma part jusqu’à ce qu’un élève propose une autre partie du corps. Cela a donné envie aux autres et nous apprenions, au fil des méditations, d’autres parties du corps.

Voici un exemple de méditation que je pratiquais avec les élèves non-francophones. Je ne suis pas assise avec eux cette fois, car je filme 😉 Pour des raisons d’anonymat, j’ai mis uniquement une image fixe floutée. Je vous laisse augmenter le volume, car je n’ai pas pu le mettre plus fort que cela lors du montage.

 Méditation enfant école primaire.mp4

Méditation en action

La méditation de pleine conscience peut s’appliquer à toutes les actions. Plus on l’a pratique, plus il est facile de méditer dans un environnement qui ne s’y prête pas de prime abord : dans une classe avec des enfants qui parlent fort 😉

Méditer en respirant

La première médiation que je vous encourage à proposer aux enfants est de méditer en se focalisant sur sa respiration.

Vous pouvez leur proposer cet exercice pour un retour au calme après la leçon d’éducation physique par exemple.

L’important est de se concentrer sur sa respiration ventrale : le ventre se gonfle à l’inspiration.

Pour une première fois, proposez-leur de se coucher et de fixer un point au plafond. Ensuite, ils imaginent un ballon. De la couleur qu’ils souhaitent et qu’ils peuvent tenir entre leurs deux mains imaginaires.Ce ballon n’est ni trop lourd ni trop léger. Ils peuvent le déposer tranquillement sur leur ventre et le ballon tient tout seul. Plus besoin de le tenir et ils peuvent sentir leurs bras et leurs mains se poser sur le sol.

En inspirant, ils peuvent faire monter le ballon avec leur ventre et en expirant, ils peuvent le faire redescendre. Calmement et tranquillement. Au rythme de leur respiration, le ballon monte quand ils inspirent et descend quand ils expirent.

Il est également possible de leur faire ressentir l’air qui sort et qui rentre par leurs narines. De sentir celui qui sort plus chaud que celui qui entre.

Méditer en dessinant

Vous avez sûrement déjà dû proposer cela aux enfants avec les mandalas. Si vous avez vu des enfants concentrés et silencieux en train de dessiner, c’est qu’ils étaient en pleine méditation. Méditer nous arrive fréquemment, mais nous ne nous en rendons pas compte.

Pour le proposer aux enfants, vous pouvez leur dire d’écouter le bruit du crayon sur la feuille pendant qu’ils dessinent. Et bien entendu, cela demande que tous les enfants soient silencieux, car les crayons ont un chant tout doux.

Méditer en mangeant

C’est le premier exercice que j’ai fait lors de ma formation en Mindfullness. Avec un raisin sec. Pour les enfants, vous pouvez choisir un fruit de saison qui sera un peu plus attrayant 😉

Le plus dur sera de ne pas le manger et aussi de ne pas l’avaler tout de suite… Distribuez le fruit à chaque enfant qui doit le garder dans la main. Proposez-leur ensuite d’observer ce fruit grâce à chacun de leur sens. On observe et on se dit les réponses dans sa tête.

D’abord la vue : sa couleur, sa forme, sa taille ….

Ensuite, le toucher : quelles sensations le fruit leur fait dans les mains. Est-ce que c’est doux ou rugueux ? Froid ou chaud ou encore tiède ? …

Puis l’écoute : est-ce qu’en caressant le fruit cela fait un bruit particulier ?

Ensuite le goût : croquer un bout du fruit et surtout ne pas l’avaler ni le mâcher tout de suite. Quelles sensations a-t-on dans la bouche, quel goût ? Puis le mâcher lentement et observer si le goût et les sensations changent.

Plus les élèves sont petits, plus il est important de leur proposer des réponses qu’ils pourront s’approprier. Proposez-leur au moins trois mots ou “autres choses”. Par exemple, pour la forme : est-il comme un rond ? En triangle ? Allongé ? Ou peut-être une autre forme. Cela permet à l’enfant de rester dans son imaginaire. Sinon il risque de partir dans le mental et de se dire “mais il n’est ni rond ni en triangle ni allongé mon fruit !”.

Méditer en marchant

Il est également possible de méditer en marchant tout en prenant conscience de chaque petite sensation sous ses pieds ou dans ses genoux. Et on ne peut le faire qu’en marchant lentement.

C’est un exercice à proposer une fois que les élèves ont l’habitude de méditer.

Méditer lors de n’importe quelle action et n’importe quand

Vous pouvez proposer à vos élèves de méditer à n’importe quel moment et n’importe où.

Profitez d’une sortie en forêt pour vous arrêter et écouter les sons environnants, observer les feuilles d’un arbre qui bougent avec le vent ou encore la sensation lorsqu’on touche et malaxe la terre avec ses mains.

Méditation accompagnée d’un objet

La bouteille magique

Voilà une petite vidéo qui présente une façon de méditer grâce à un objet représentant l’apaisement dans le corps.

Je vous suggère de laisser les enfants respirer à leur rythme pour savoir de combien de respirations ils ont besoin pour laisser les paillettes descendre au fond de la bouteille. Les enfants n’ont pas tous le même rythme de respiration et encore moins le même que l’adulte. Ce qui peut vous paraître rapide est déjà lent pour eux (nous n’avons pas la même capacité pulmonaire).

Il est important de leur dire également que selon les moments, il faudra peut-être plus ou moins de respirations pour revenir au calme.

Concernant votre posture, je vous propose de vous mettre dans la même position que les enfants si vous leur en imposez une (ici par terre).

Un rituel pour amener la méditation et la terminer

Pour des élèves qui n’ont jamais pratiqué la méditation et même après, il peut être très utile de les aider à entrer dans cet état de conscience grâce à un rituel.

A travers divers canaux sensoriels :

Je vous donne ici quelques exemples.

Visuel – allumer une bougie ou une lampe tamisée.

Auditif – faites teinter un carillon, des cymbales tibétaines ou un gong.

Kinesthésique – mettre une main sur son ventre pour sentir sa respiration ou sur son coeur pour sentir ses battements.

Olfactif – respirer de la lavande aux vertus calmantes.

Gustatif – boire un verre d’eau qui aura également un effet bénéfique sur les cellules du corps.

Vous pouvez utiliser un ou plusieurs de ces canaux. L’avantage de tous les utiliser est que vous permettez à chaque élève de rentrer dans le rituel par le canal sensoriel qui est dominant chez lui.

Le désavantage est que d’avoir autant de propositions peut faire l’effet contraire de celui désiré qui est de permettre aux enfants de se centrer. Autant de propositions risquent de trop solliciter leur attention à divers endroits.

Pour trouver un entre-deux, voici quelques propositions :

– Choisir deux canaux sensoriels uniquement. Je vous conseille de toujours proposer le kinesthésique, car c’est celui qui centre le plus. Vous pouvez l’utiliser en début de méditation, après votre premier rituel qui pourrait être auditif ou visuel.

– En utiliser 2 pendant 1 mois, puis en changer 1 et ainsi de suite.

– Après en avoir testé plusieurs, vous pouvez choisir celui qui fonctionne le mieux pour les enfants et permettre aux élèves qui préfèrent un autre canal de l’utiliser pour eux. Par exemple, un élève peut faire seul sa respiration pendant que vous allumez la bougie ou boire une gorgée d’eau pendant que vous faites teinter le carillon.

Les bienfaits de la méditation

Il a été prouvé scientifiquement que méditer régulièrement transforme notre cerveau.

La méditation permet, entre autres, de :

– développer son attention

– développer sa concentration

– s’ancrer : être pleinement présent

– développer une meilleure estime de soi

– développer son empathie

– diminuer son stress

– améliorer son sommeil

– diminuer des états dépressifs

– être plus à l’aise dans les relations sociales

Laissez place à la créativité et lâcher-prise en tant qu’enseignant

Vous hésitez encore ? Faites-vous confiance ! Méditer n’est pas si difficile et même si les enfants vous paraissent ne pas y prendre goût au début, persévérez. Rien que de vous écouter et de voir les autres élèves le faire, cela leur donnera envie.

Ils peuvent très bien ne pas méditer et faire autre chose seuls et en silence. Ils se mettront en état méditatif peut-être même plus vite que les autres 😉

Lâcher-prise en tant qu’enseignant, surtout lorsque vous proposer des outils de bien-être. Ceux-ci ne doivent pas être obligatoires, sinon ils perdent leur sens.

Laissez place à votre créativité. Comme écrit plus haut, la méditation en pleine conscience, peut se faire partout et tout le temps.

Je sens déjà des idées qui germent. Laissez-les pousser 😉

Pour d’autres OUTILS DE BIEN-ÊTRE EN CLASSE, vous pouvez en télécharger en vous abonnant à mon blog : NaturEducation.org

Et si vous avez besoin d’être accompagné dans la mise en place de la méditation en classe, vous pouvez m’écrire à vanessa@natureducation.org ou aller directement sur cette page : https://natureducation.org/coaching-enseignants/

Écrivez-moi également si vous avez des questions par rapport à cet article 🙂

Écrit par Vanessa Beauverd du blog NaturEducation.org

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